Fadi Elhusseini

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Juste une heure et demie a séparé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d’un cauchemar politique. Sa joie, sa fierté et son assurance de pouvoir mener des négociations de coalition rapides et courtes étaient en jeu et se sont avérés être aussi faux que ces espérances de le voir balayer les élections israéliennes du 17 mars. La victoire de Netanyahu a suscité la réaction tiède des Européens, des Américains, des Arabes et des Palestiniens, qui ont une expérience avec Netanyahu dans le processus de paix. Cependant, dans une région divisée et où les conflits abondent, un accord de paix israélo-palestinien est largement perçu comme étant au centre de la stabilité régionale, mais la paix a-t-elle un futur à la lumière des récentes élections israéliennes et du nouveau gouvernement?

Les 90 dernières minutes qui ont amené le quatrième gouvernement de Benjamin Netanyahu et juste avant le délai légal exigé par le Président Reuven Rivlin résument le coeur de cette question. Selon Ben Caspit, l’ancien ministre des Affaires Étrangères israélien Avigdor Lieberman a planifié cette ruse comme on planifierait un assassinat politique. Le Furieux Lieberman a une longue liste de raisons de chercher à faire tomber Netanyahu . Il a attendu seulement quelques heures avant le délai légal pour annoncer sa démission et qu’il ne rejoindrait pas la coalition afin d’empêcher Netanyahu de chercher d’autres alliances, à savoir Herzog.

Le destin politique de Netanyahu était entre les mains de Naftali Bennett, le leader de HaBayit HaYehudi qui l’a sauvé et a accepté une coalition dans les 90 dernières minutes. Apparemment, ce gouvernement “très étroit” est sous une pression et des défis énormes. L’un de ces défis est Liberman lui-même dont le but suprême est désormais d’empêcher toute possibilité pour ce gouvernement de survivre. Un gouvernement religieux nationaliste de droite a été formé, comprenant le Likoud, le Judaïsme de Torah Uni, Shas, Kulanu et les partis Locaux juifs.

Jusqu’à ce que le Likoud soit capable d’élargir la coalition afin d’avoir assez de sièges pour pousser la maison juive dehors, le gouvernement actuel, dominé par des partis durs et religieux, est largement perçu comme un enfer diplomatique et un cauchemar politique qui peut mettre Israël en conflit avec les EU et d’autres alliés. Pour beaucoup d’Israéliens, la victoire de Netanyahu s’est métamorphosée en défaite ou comme Herzog l’appelle “l’échec national”.

Pour Alon Ben Meir, la victoire du Likoud constitue en premier lieu la défaite d’Israël. Ben Meir estime nulles les chances d’arriver à un accord de paix entre les Palestiniens et les Israéliens sous le règne de Netanyahu. Il note que le Président Obama, qui a dépensé du temps, des ressources et son capital politique dans le processus de paix s’est senti induit en erreur, trahi et humilié par Netanyahu et peut soutenir la demande des Palestiniens à l’ONU en vue d’obtenir une résolution qui appelle à une solution à deux États basée sur les frontières de 1967.

Netanyahu est parfaitement conscient de l’ampleur de l’inquiétude internationale concernant ses politiques précédentes rejetant la paix avec les Palestiniens. C’est pourquoi, il n’était pas surprenant de le voir changer sa déclaration précédente faite à la veille des élections ou il annonçait qu’il n’y aura aucun état palestinien durant son mandat et d’annoncer, moins de 48 heures après les élections, qu’il acceptait cet état et qu’il voulait une solution à deux États durable et pacifique.

Néanmoins, faire la paix avec les Palestiniens, particulièrement à la lumière du gouvernement dur et religieux actuel paraît grotesque. Dans de meilleures conditions quand la société israélienne était plus apte à faire la paix avec les Palestiniens, le leader charismatique israélien Yitzhak Rabin a été tué par balle lorsqu’il s’est approché “des lignes rouges”. Lorsqu’il s’agit du statut final dans n’importe quel règlement de paix avec les Palestiniens, par exemple Jérusalem ou les réfugiés, n’importe quel leader politique en Israël penserait sûrement aux répercussions graves qui peuvent s’en suivre.

Dans cet esprit, Lieberman est considéré comme étant un des politiciens jusqu’au boutistes en Israël qui rejette la paix avec les Palestiniens et appelle au “transfert” des citoyens israélo-arabes, des Chrétiens et des Musulmans du pays pour en faire un état purement juif. Il trouve des ressemblances entre Netanyahu et le Président palestinien Mahmoud Abbas : “le président Mahmoud Abbas ne se battra pas avec nous, ne signera jamais d’accord de paix avec nous et ne démissionnera jamais. Bibi [Netanyahu] de même. Il ne prendra pas de pas réels, ni dans la direction du Moyen-Orient, ni dans la direction d’un règlement régional et ni aussi envers un assaut sur l’Iran. La seule chose qu’il fera est de préserver les choses comme elles sont, principalement son autorité”. Lieberman, dont le but principal actuel est de démanteler et renverser le gouvernement de Netanyahu, se précipitera sans doute sur l’occasion au moment où Netanyahu pensera à un quelconque accord de paix avec les Palestiniens.

D’autre part, bien qu’un accord de réconciliation ait été signé entre le Hamas et Fatah, les différences prévalent toujours . Cette fois, les différences entre les deux principaux rivaux ne portent pas sur Israël ou le processus de paix, mais plutôt sur d’autres questions, intérieures, principalement les élections et l’autorité sur la Bande de Gaza. Quelques rapports prétendent que des pourparlers secrets entre Israël et le Hamas sont en cours en vue de signer une trêve de 15-années et d’accepter la présence du Hamas à Gaza. L’autorité palestinienne et les états arabes ont refusé une telle solution, soulignant la gravité de diviser la Palestine et la cause palestinienne. De son côté, le Hamas a réfuté ces allégations disant qu’il ne chercherait pas un tel accord unilatéral avec Israël, ni établirait un état “Islamique” dans la bande de Gaza.

Le Hamas a confié et délégué à l’ OLP, représenté par le Président Mahmoud Abbas, la tâche de négocier avec Israël dans un document signé en 2005 . Cependant, ils ne perdent pas d’occasion de critiquer Abbas pour ses pourparlers avec Israël et ceci vient dans le cadre de leur escarmouche politique dont le but est de détourner l’attention de leurs masses loin de leurs crises internes.

Le leadership palestinien comprend la duplicité de Netanyahu quand il a changé sa position concernant l’état palestinien en l’espace de deux jours (avant et après les élections), comme un geste tactique; pour la consommation publique avant les élections et afin d’apaiser les craintes de la communauté internationale sur les perspectives de paix après l’élection. Cependant, ceci reflète clairement à quel point Netanyahu a perdu toute crédibilité aux yeux des Palestiniens. À cet égard, Alon Ben Meir croit que Netanyahu “a perdu et personne ne croira qu’il négociera en toute bonne foi dans l’avenir.”

Depuis qu’il est entré en fonction comme le président de l’autorité palestinienne en 2005, Mahmoud Abbas a renoncé à la violence et a annoncé à plusieurs reprises sa vision : une résolution pacifique du conflit qui mènerait finalement à un état palestinien indépendant. “Nous ne voulons pas employer la force,” a insisté le président. “Nous ne voulons pas utiliser des armes. Nous voulons utiliser la diplomatie. Nous voulons utiliser la politique. Nous voulons utiliser des négociations. Nous voulons utiliser la résistance pacifique . C’est tout.”

Les pourparlers de paix entre les Palestiniens et les Israéliens se sont poursuivis depuis 1991, durant cette période les implantations israéliennes ont quadruplé dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem est. Cet état de fait a poussé les Palestiniens à demander un cadre et une limite de temps aux négociations qui ne peuvent pas durer éternellement tandis qu’Israël s’attelle à changer les faits sur le terrain.

Ceci étant dit et en parallèle avec le rejet continu d’Israël des appels internationaux à arrêter ou geler la colonisation ou à imposer une limite de temps aux négociations, les Palestiniens las ont commencé à chercher la justice et à mettre fin à l’occupation loin des négociations et à travers les forums internationaux, principalement l’ONU. Cette approche a commencé à prendre de la vitesse. Elle a été largement soutenue par les Arabes pour lesquels l’accord de paix israélo-palestinien est au centre de la stabilité régionale. De Même pour les Européens, beaucoup de capitales ont commencé à reconnaître l’état de Palestine, officiellement comme la Suède, ou à travers leurs Parlements.

Pour résumer, à la lumière de la nature du nouveau gouvernement israélien et considérant la méfiance existante envers Netanyahu, les chances en vue d’une reprise des pourparlers de paix sont au minimum. D’autre part, l’approche des Palestiniens consistant à finir l’occupation israélienne par une résolution du conseil de sécurité de l’ONU gagne de plus en plus de soutien, notant le changement considérable de la position de l’administration américaine plus prête que jamais à accepter cette formule.

Traduction‏ par Assia Akhras

Publié par: http://politikaakademisi.org/juste-une-heure-et-demie-a-separe-netanyahu-dun-cauchemar-politique/

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