Fadi Elhusseini

Fadi Elhusseini| Traduction‏ par Assia al-Akhras Après moins d’une année d’un rapprochement égypto-turc exceptionnel, les événements du 30 juin 2013 ont rompu cette relation. De même quand des hommes d’État égyptiens et iraniens ont commencé à diminuer la tension de leurs rapports et un dégel dans les relations en a résulté, de nouveaux événements se sont développés ramenant les choses à la case départ. Comme ces scènes en général se sont répété à plusieurs reprises pendant de nombreuses années, la question qui s’impose est : ces convergences et divergences proviennent-elles du libre arbitre de ces États , ou sont-elles fabriquées par les pouvoirs étrangers qui ont tracé un plan spécifique pour les relations internationales dans la région ? Cet article discute cet état des choses par rapport à trois pays du Moyen-Orient : l’Égypte, la Turquie et l’Iran. Beaucoup d’érudits arabes et occidentaux ont écrit sur l’importance de ces pays pour de nombreuses raisons, historique, culturelle, démographique, géopolitique, stratégique, militaire et d’autres.

Cet article discute cet état des choses par rapport à trois pays du Moyen-Orient : l’Égypte, la Turquie et l’Iran. Beaucoup d’érudits arabes et occidentaux ont écrit sur l’importance de ces pays pour de nombreuses raisons, historique, culturelle, démographique, géopolitique, stratégique, militaire et d’autres.

 

Dans leur recherche de davantage de domination et d’une plus grande influence dans la région, les puissances impérialistes ont toujours essayé d’entraver toute « emergence » de ces pays, selon Samir Amin. Leurs moyens différent, passant par des sanctions (dans le cas de l’Iran), en épuisant leurs capacités et leurs ressources à travers des guerres et des emprunts extérieurs (dans le cas de l’Égypte) ou en les isolant de leur environnement (dans le cas de la Turquie avant l’arrivée du parti de la Justice et du développement [AK]). Le résultat en était soit un confinement sélectif, un engagement ou une confrontation après avoir subtilement nié toute forme de politique aveugle envers ces pays.

 

Curieusement, d’autres chercheurs ont divisé la région en cercles : grands, petits et mineurs. La Turquie, L’Egypte et l’Iran ont toujours occupé la position la plus importante, dans le grand cercle. D’autres pays comme l’Arabie saoudite, la Syrie et l’Irak, flottent dans un cercle plus petit, tandis que les autres pays errent dans l’orbite mineur, le cercle le moins important.

 

Pays du grand cercle

 

Cet article se concentre sur les pays situés dans le grand cercle et leurs relations avec les puissances mondiales. En fait, l’importance de ces trois pays ne s’arrête pas aux frontières de cette région, certains auteurs décrivent ces trois pays comme un passage à la région. Selon cette hypothèse, cette porte est constituée de trois coins ou piliers, fondé sur ces pays — s’ils se soudent ensemble, ils peuvent fermer le passage et interdire l’entrée des étrangers.

 

Toujours conscient de la tâche de Sisyphe consistant à passer ce passage, qui peut être coûteuse et parfois impossible (en raison d’une incapacité de garder des relations équilibrées avec chacun des trois pays), il est sans équivoque et évident que tout étranger qui souhaite faire sa marque dans la région doive œuvrer à cette disposition; garder au moins un coin du passage (Egypte, Turquie ou Iran) ouvert.

 

Ceci nous ramène à d’anciennes périodes, lors du conflit féroce entre l’Empire ottoman, la « Turquie, » et l’état de Safavid, l’« Iran. » Après de longues années de conflit ensanglanté, les deux protagonistes se sont rendus compte qu’ils étaient incapables de s’éliminer et ont accepté l’existence l’un de l’autre. Quand ce front s’est calmé, l’« Egypte, » qui vivait sous l’Empire ottoman soudainement se rebelle, et Muhammad Ali Pasha attaque l’Empire ottoman. Révélateur, beaucoup attribuent ceci aux britanniques et français, qui ont inspiré la révolte de Muhammad Ali et l’ont encouragé avec certaines promesses.

 

Dans l’histoire moderne, plusieurs exemples et incidents mènent à une conclusion semblable.Quand il y avait un rapprochement entre l’Iran –pendant le règne du chah — et Ataturk en Turquie, Gamal Abdel Nasser (l’Egypte) était écarté de cette entente. Avec l’arrivée d’Anwar Sadat au pouvoir en Egypte, chacun des trois pays est entré dans un camp. Néanmoins, cette situation n’a pas duré longtemps, car l’avènement de la révolution iranienne a mis l’Iran dans un camp absolument différent.

 

Les développements récents prouvent probablement l’exactitude de ce diagnostic. Quand un rapprochement entre laTurquie et l’Iran était en cours, et que la Turquie jouait un rôle dans les négociations sur le programme nucléaire iranien et contestait les sanctions des USA sur l’Iran, l’Egypte, pendant l’ère de Hosni Mubarak, était d’un côté différent. Les relations Égypto-iraniennes étaient dormantes, et les relations Égypto-turques progressaient tièdement. Ces développements ne sont pas loin de ceux plus récents quand il s’agit des relations entre ces trois pays.

 

Mais quel serait le raisonnement derrière le maintien d’au moins un coin du passage ouvert ?

 

Pour répondre à ceci, on doit rappeler le rôle des puissances coloniales, qui ont essayé de maintenir dans la dépendance les gouvernements en charge dans la région même après leur indépendance formelle. À cet effet, ils ont délibérément installé au pouvoir de nouveaux gouvernements qui différent de la structure sociale de l’Etat (par exemple, une élite sunnite dans un pays à majorité chiite et vice versa). De cette façon, ces gouvernements demeuraient dépendants et continueraient à chercher des aides externes et un soutien étranger dans les luttes domestiques ou régionales pour leur survie.

 

L’hypothèse du passage est conforme à cette approche. La nécessité de laisser au moins un coin ouvert aux puissances étrangères ne pourrait être réalisable que si ces trois pays n’étaient pas soudés entre eux pour fermer la porte. Pour réaliser ceci, il faut alimenter le conflit et maintenir au moins un de ces pays distant des autres, ce qui apporterait le résultat exigé.

Ainsi, les régimes politiques de ces pays rechercheront l’appui à l’étranger et des liens à l’extérieur de la région pour toute lutte régionale potentielle, craignant des répercussions inattendues. Ceci, sans aucun doute, crée un vide dans un coin, et par conséquent la porte demeurera ouverte aux étrangers.

 

Ce dont nous avons été témoin récemment dans l’échange des rôles et le décalage dans les alliances donne une bonne indication de l’exactitude de cette hypothèse. Quand l’Iran avait des relations très bonnes avec la Russie (après son isolement par l’Egypte et la Turquie), les égyptiens et les turcs ont cherché des relations plus étroites avec les USA. Plus rigide, quand il a divergé avec l’Egypte, l’Iran a œuvré à améliorer ses relations avec les USA et l’Egypte à réparer les ponts avec les Russes, et un rapprochement remarquable qui ne s’était pas produit depuis Nasser en a été le résultat.

 

Pour récapituler l’argument principal de cette analyse, beaucoup avancent le fait que tout ceci vient dans le cadre d’une conspiration visant à maintenir cette région réduite en fragments. Je crois pourtant que de tels développements ont déclenché un nouveau mode des relations internationales, conçu uniquement et spécifiquement pour cette région.

 

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