Fadi Elhusseini

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Par Fadi Elhusseini Traduction‏ par Assia al-Akhras
Le 27 août, le bruit court dans les journaux internationaux et les médias selon lequel Abbas avec quelques autres, a démissionné du Comité exécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (l’OLP) et appelle par conséquent à une session urgente du Conseil national Palestinien (PNC). Les capitales des pays occidentaux et beaucoup d’observateurs se demandaient si Abbas allait vraiment démissionner, ou s’il s’agissait juste d’un geste tactique pour secouer l’eau stagnante. À quoi s’attend-on du congrès ?

Afin d’offrir une analyse claire, il est nécessaire de passer en revue auparavant un certain nombre de faits. L’Organisation de Libération de la Palestine (l’OLP) a été reconnu internationalement comme le seul et légitime représentant du peuple Palestinien. L’OLP est constitué de corps divers, ceux qui nous intéressent en la matière sont le Conseil national Palestinien (CNP), le Conseil central Palestinien (CCP) et le Comité exécutif Palestinien (CoEx).

Le CNP fait office de Parlement et la différence principale entre le CNP et le Conseil législatif palestinien (CLP), qui est une composante de l’Autorité palestinienne depuis les Accords d’Oslo entre l’OLP et Israël, est que le CLP représente les Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem Est, alors que le CNP représente les Palestiniens de l’intérieur ainsi que ceux de l’extérieur (la diaspora). Le CNP est composé de 776 membres, dont 417 sont toujours vivant. Cinq autres membres ont été arrêtés par les forces israéliennes (incluant Ahmad Saadat “PFLP” et Marawan Barghouthy “Fatah”), donnant un quorum de 709 membres.

La difficulté d’assembler 709 membres a rendu nécessaire le fait d’avoir un sous-Parlement qui agit comme un lien entre le CNP et le CoEx. Le Conseil Central palestinien (CCP) est le deuxième corps principal de l’OLP et est composé de 124 membres du Comité exécutif de L’OLP, du CNP, du CLP et d’autres organisations palestiniennes. Le Comité exécutif palestinien (CoEx) est composé de 18 membres et fait office de gouvernement de L’OLP.

Les nouvelles ont parlé de la démission de Abbas du CoEx, avec 9 autres membres, afin de convoquer une session extraordinaire. Eh bien, le fait est que Abbas et les 9 autres membres n’ont pas officiellement démissionné. Selon Salim Al-Zanoun, le président du CNP, une lettre du nouveau secrétaire général du CoEx, Saeb Erekat, a été reçue affirmant que 10 membres ont promis de démissionner. Ainsi, ce n’est qu’une promesse et les élections remplaceront seulement ceux qui ont promis de démissionner pendant le congrès prochain du CNP.

Loin de tout détail technique, quelques faits ont porté l’attention sur ces développements. Tout d’abord, le “timing” du congrès qui vient presque 20 ans après la dernière réunion du CNP. Deuxièmement, il vient au milieu de querelles intestines féroces, au sein de la plus grande faction de l’OLP (Fatah) d’un côté et entre le Hamas et le Fatah d’un autre côté. De plus, il vient après que l’ancien secrétaire général du CoEx Yassir Abdrabbo ait été écarté, accusé par beaucoup comme étant le troisième angle dans le triangle anti-Abbas. Cependant, l’élément le plus important qui souligne l’importance du congrès prochain est l’impasse dans le processus de paix et les récentes décisions du CCP de revoir ses relations politique, économique et sécuritaire avec Israël.

Il faut concéder que la convocation en elle même du congrès est chose bénigne pour les Palestiniens. Même si le but visé est de servir certains buts politiques d’un parti ou un autre, il conduira certainement à un nouveau commencement et réorganisera un corps vu par beaucoup de Palestiniens comme souffrant et désespéré.

Il est clair que Abbas jouit toujours d’autant de popularité que de pouvoir au sein du CNP et de l’OLP. Ainsi, il est probable qu’il réalise ses principaux objectifs partisans de cette réunion, spécifiquement l’élection de nouveaux membres du CoEx. En ce qui concerne la relation avec Israël et à la lumière des décisions récentes du CCP, l’impasse dans le processus de paix, la réélection de Netanyahu et son aile droite le gouvernement religieux et le traitement tiède des États-Unis de la question tout entière, la réunion pourra mener à des alternatives extrêmes qui surpassent toutes les espérances. Autrement dit, conformément aux rumeurs répandues sur la frustration d’Abbas du statu quo, la réunion peut discuter les possibilités de dissoudre l’Autorité palestinienne et former un nouveau gouvernement palestinien en exil.

Cette idée est devenue très commune; surtout que Israël a dépossédé l’Autorité palestinienne de chaque autorité qu’elle possède. En dissolvant l’Autorité palestinienne, Israël devra assumer la responsabilité du peuple occupé- de la même façon qu’il le faisait avant la formation de l’Autorité palestinienne en 1993-et doit ainsi payer pour son occupation. Dans ce cas, Israël ne jouira pas du temps (comme il le fait maintenant) dans ses pourparlers avec les Palestiniens car la continuité de son occupation sera coûteuse.

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