Fadi Elhusseini

La tâche “Complètement Accomplie” de Poutine en Syrie

Russia in Syria

Par Fadi Elhusseini Traduction‏ par Assia al-Akhras
Depuis que l’on a déclaré la Russie officiellement dans le Moyen-Orient et après la présence étendue de son armée sous toutes ses formes en Syrie, les spéculations médiatiques fusent à travers le monde. Les observateurs ont vu dans la décision de la Russie d’entrer en Syrie une stratégie à long terme, bien que l’annonce brusque du Président russe Vladimir Poutine de retirer la plupart des forces russes de Syrie a laissé de la même façon ses amis et ses adversaires dans la confusion.

Poutine a ordonné le retrait “de la grande partie” de ses troupes en Syrie et les mots exacts qu’il a prononcés à son ministre de la Défense Nationale Sergey Shoigu étaient “la tâche confiée au ministère de la Défense Nationale et aux forces armées a été complètement accomplie”. L’examen du but avéré de l’opération Russe en Syrie il y a six mois est un tremplin à l’analyse de la “tâche” dont parle Poutine. Battre et détruire l’ ISIS après que la campagne menée par les États-Unis s’est avérée être “un vil échec” était le but principal et la prise d’actions préventives afin d’empêcher tous les efforts d’exporter ces radicaux en Russie était le deuxième. Néanmoins, ni l’ISIS ni Al-Nusra n’a été battu et Moscou n’a aucune preuve solide que ces groupes terroristes n’ont plus la capacité de renvoyer leurs radicaux en Russie.

Par conséquent, les récentes déclarations de Poutine réfutent le but déclaré en premier lieu. Cette conclusion nous mène aux autres oiseaux que la Russie avait pour but de tuer avec une seule pierre – qui est l’intervention en Syrie. Parmi les buts divers auxquels aspirait la Russie de cette intervention : soutenir l’armée Russe – sa présence stratégique – dans la région, empêcher la chute d’Assad et équilibrer les opérations militaires sur le terrain, dicter sa politique à n’importe quel régime futur, neutralisant la force de levier iranienne en hausse en Syrie et affaiblir les rivaux d’Assad. Apparemment, pendant les six mois passés, Moscou a relativement réussi à réaliser la plupart des buts mentionnés ci-dessus.

Une présence stratégique dans la région

La Russie s’est avérée être un joueur clé et un élément important dans l’équation au Moyen-Orient et dans la question syrienne en particulier. Militairement, tandis qu’une grande partie de l’équipement et de la main-d’oeuvre étaient chargés de Moscou, il est à souligner que la base aérienne russe d’ Hemeimeem et l’installation navale dans le port syrien de Tartus continuera à opérer. ARussia a indiqué que le système de défense aérienne S-400 avancé, trois avions de combat Sukhoi Su-34 et un avion de transport Tu-154, resteraient en Syrie et les experts s’attendent à ce que l’armée de l’air et des forces navales soient aussi laissées. En tout, Moscou a pu renforcer sa base militaire importante stratégiquement dans Tartus et a installé une nouvelle. Ainsi, la Russie a pu non seulement garantir une empreinte solide au Moyen-Orient et surmonter l’isolement international provoqué par son intervention en Ukraine mais aussi étendre son influence politique.

La solution politique en Syrie

L’intervention de la Russie a changé le sens de la guerre et a renversé l’équilibre des combats à l’avantage de Assad. L’opposition “modérée” soutenue par l’Occident a été affaiblie et les forces d’Assad ont commencé à gagner du terrain qu’ils ont perdu avant l’intervention russe. Par conséquent, la Russie s’est faite valoir comme le pionnier de ce nouveau processus politique. Négocié par la Russie et les EU, un cessez-le-feu avec Assad toujours au pouvoir à été forcé et les efforts diplomatiques s’intensifient pour garantir des négociations sur un accord de paix. Il faut concéder ainsi que la Russie a pu se placer dans une position de force réelle et inclure Assad et son régime dans n’importe quels pourparlers de paix. En attendant, le rôle de l’Iran dans ces pourparlers de paix apparaît marginal comparé à celui de la Russie et ceci est un autre but accompli inexprimé par Moscou.

Le “timing”de l’annonce de Moscou

Quelques chaînes médiatiques arabes ont affirmé que les différences d’opinion entre Poutine et Assad ont mené Poutine a accéléré le retrait planifié. Les différences, selon ces chaînes, concernent les pourparlers d’Assad pour re-contrôler le pays en entier et qui peut ruiner n’importe quels efforts potentiels pour une solution politique. Quelques autres sources arabes ont suggéré que la décision de Poutine est venue suite à l’inquiétude ‘Sunnite’ montante des plans de la Russie dans le soutien d’Assad, qui est Alwai-chi’ite. Les deux arguments peuvent être vrais, pourtant ils ne répondent pas à la question cruciale “pourquoi maintenant” ni que Poutine avait certainement ces calculs en tête avant le début de son opération.

Peut-être que la réponse se trouve dans la confluence de toutes ces considérations, cependant le mot clé est les pourparlers de paix. La Russie avait des objectifs limités dans sa présence à long terme en Syrie. Selon Reuters, la campagne russe a coûté à la Russie presque 800 millions de $. Avec une économie Russe sous sanctions, Moscou est entièrement conscient qu’il ne peut pas se permettre de supporter une opération de combat à long terme en Syrie. Ainsi, le but était de réaliser les objectifs stratégiques (battre la capacité des rivaux d’Assad et lui fournir une meilleure position dans les négociations) en temps voulu et commencer ensuite le redéploiement.

Depuis le premier jour, la Russie cherchait une stratégie de sortie. Avec la position améliorée d’Assad sur le terrain, l’option d’intervention de L’OTAN n’étant plus possible et le lancement d’un processus politique sérieux, Moscou a saisi son moment. L’allié de la Russie est en pourparlers en position de force et dans le cas où le processus de paix produit des résultats tangibles, la Russie se soulage de n’importe quels engagements futurs. En conséquence, le but de la Russie était opérationnel et non pas une opération construisant une nation.

De plus, Moscou a pour but d’éluder n’importe quelle confrontation avec la Turquie (dans le cas où cette dernière planifie d’intervenir en Syrie) et se concentrer plus sur la question ukrainienne. Le moment de l’annonce de Moscou était très significatif particulièrement quand on sait qu’il a besoin de plus d’alliés qui peuvent soutenir sa position en Ukraine. La décision de la Russie a envoyé un signal positif et a été chaudement accueillie par beaucoup de pays, principalement les pays arabes. Ceci aiderait en fin de compte la Russie à réparer ses relations avec les Sunnites qui ont critiqué l’intervention russe en Syrie.

Conclusion

 

Jusqu’ici, imaginait que la Russie abandonnera la Syrie n’est pas réaliste et la décision de Moscou est purement tactique et opportune. Après la garantie d’un point d’appui et d’un allié loyal, Poutine a saisi la première occasion de commencer à retirer ses troupes dont il a considéré la mission limitée dans la portée et le temps. Néanmoins, le seul élément qui a manqué et qui n’a joué aucun rôle dans les considérations des russes et des autres est l’ISIS et la lutte contre le terrorisme.

publié par UPA

Disponible en anglais et en Arabe

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+1Share on LinkedIn4
Author :
Print

Leave a Reply